Jour 1
A peine avons-nous quitté un triste petit matin gris très parisien, le temps d’une escale ensoleillée par delà les nuages, le temps d’un horrible petit sandwich à peine décongelé par les pourtant très affables hôtesses d’air Berlin que nous nous retrouvons bousculés par des bourrasques de pluie et de vent glacé sur le tarmac de l’aéroport de Tegel en plein Berlin.
En plein Berlin ? Etrange cette ville aux chaussées larges et vastes. Ici il y a des forêts, ici il n’y a pas d’embouteillages, ici l’on prend le temps de traverser la rue, ici le chauffeur de taxi vous raconte sa ville dans un français parfaitement maîtrisé.
Il raconte tout, les guerres, le mur. Le mur c’était il y a vingt ans, je m’en souviens, je veux le voir, je veux comprendre.
Courte escale à l’hôtel.
Quelques jours à Berlin c’est trop peu pour prendre le temps de flâner dans cette immense bâtisse, ornée de faïence, des années 30.
Une curiosité dans le paysage architectural qui nous entoure. Je me promène de rue en rue et pas un immeuble ne se ressemble. C’est que la ville a été détruite en grande partie au cours de la deuxième guerre mondiale. Il a fallu reconstruire rapidement et en nombre des immeubles d’habitation. J’imagine le paysage de désolation qui devait s’offrir aux survivants. Un extrait d « Allemagne année zéro » me revient en mémoire. Ne plus y penser. Mais il n’y a pas moyen, trop d’histoire commune. Elle est là partout inscrite par le vide et l’absence. Les reconstructions n’y changent rien.
Assortie d’un guide papier et d’une carte que je déroule et enroule lamentablement sans parvenir à me repérer je m’engouffre au hasard d’une petite cabine de métro jaune.
Je me retrouve à flâner dans le winterfeldtmarkt, sorte de marché aux puces où alternent objets hétéroclites et échoppes de bouche.
Il est vrai que mon petit déjeuner n’est plus qu’un lointain souvenir.
Les currywurst semblent particulièrement prisées. Il s’agit de saucisses baignant dans la sauce tomate et saupoudrée de curry. J’aimerais essayer mais le courage me manque. Plus tard sans doute.
Et puis les gaufres ont l’air merveilleuses, cette odeur de pâte chaude tout droit sortie de l’enfance…je ne tente même pas de résister.
Ce soir c’est promis je me livrerai à de nouvelles expériences gustatives. Mais en attendant il me reste une ville à découvrir.

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Je vous souhaite à tous et à toutes une merveilleuse année 2009 pleine de joie et de promesses, de créativité et de somptueuses agapes.
Si il vous reste un zeste de gourmandise après les fêtes de fin d’année il est encore temps de réaliser vos propres truffes au chocolat. Elles se conservent très bien et accompagnent délicieusement le thé de cinq heures.
250g de chocolat noir à 70%.
250 ml de crème liquide entière
50 g de beurre
Poudre de cacao amer
Faire fondre le chocolat au bain-marie. Y intégrer la crème et remuer jusqu ‘à obtention d’une pâte lisse, y intégrer le beurre et placer au réfrigérateur 24 heures. Le lendemain, rouler de petites boules et les saupoudrer de poudre de cacao.
Laisser reposer au réfrigérateur douze heures supplémentaires.
On peut y ajouter au moment de la cuisson une liqueur, un vieux whisky ou un vieux rhum, des noisettes, des amandes ou du café fort.

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Cette recette facile à préparer, légère et fraîche s’adapte à toutes les situations. On peut la servir en entrée, la porter au menu d’un pique nique et la croquer en guise de goûter.
4 Feuilles de riz
150 g de Thon rouge
2 Echalotes
1 bouquet de Coriandre
Feuilles de menthe
1 Citron vert
Piment doux en poudre
Sauce de soja
Graines de sésame
Poivre long
Huile de sésame ou huile d’olive
Emincer le thon avant de le plonger rapidement dans de l’eau bouillante. Après l’avoir égoutté, émincer les échalotes, hacher la coriandre, passer à la poêle les graines de sésame, presser le citron vert et assaisonner l’ensemble d’un filet d’huile de sésame, de sauce de soja d’une pincée de piment en poudre et d’un tour de moulin à poivre.
Tremper les feuilles de riz dans l’eau chaude puis les étaler sur le plan de travail. Les garnir en leur centre d’une cuillère à soupe de la préparation et plier en carré ou comme des petits nems.
Décorer l’assiette de feuilles de menthe et d’un filet de sauce de soja.
Déguster frais accompagné d’un verre de Chablis ou de Mâcon blanc.

Combien de fois ai-je entendu cette phrase venue sonner le glas d’un dîner amical ? Combien de fois ai-je entendu : «Vous n’avez plus faim, n’est ce pas ? Ce n’est pas la peine que j’apporte le plateau de fromage mais si vous voulez, j’ai de la glace pour le dessert. » Comme si un plateau de fromage ne servait qu’à étancher la faim laissée par un dîner trop léger. Et les convives de se jeter sur un pot de glace bourré de sucre et de conservateurs parce que la bienséance interdit la petite voix qui est en vous de se lever et dire « Mais si, je prendrai bien un peu de fromage. »
Mais un plateau de fromage choisit avec soin et disposé avec précaution ça ne s’abandonne pas sur le coin d’un plan de travail et je n’ose y penser dans un réfrigérateur.Ca s’offre, ça s’expose, ça se nomme et ça s’égraine comme une invitation au voyage et au partage. Livarot, bleu de Gex, Pont-L’évêque, Saint Nectaire, Epoisses, Chaource, Vacherin, brin d’amour…
J’ai longuement cherché un poème sur le fromage, j’ai trouvé celui-ci écrit par Charles Thuriet à la fin du XIXème siècle.
Dans un beau linge clair maillé
Avec amour on emmaillote
Un gros amas de lait caillé;
Principe de la cancoillotte.
Quand bien comprimé bien tordu,
Il ne reste plus une goutte
De liquide en ce résidu
Dans un vase, non loin du feu
À l’abri du chat on dépote
Le blanc produit qui va sous peu
Se transformer en cancoillotte.
Sans trop vous impatienter
Attendez que dame nature
Ai fait doucement fermenter
La savoureuse moisissure.
Émiettez-la de temps en temps;
Et quand chaque petite motte
Jaunit comme le blé des champs
Faites cuire la cancoillotte.
Dernière préparation,
Qui doit s’opérer juste à l’heure;
Mêler avec discrétion,
En tournant, eau, sel, poivre, et beurre,
Et que plus un grumeau ne flotte;
Versez chaud votre contenu:
Vous aurez fait la cancoillotte .
Charles Thuriet
Prenez une mer d’huile, un soleil de plomb, un bateau des plus beaux et quelques amis parmi les plus chers. Voguez tranquillement au fil de vos envies d’île en ile, de baignades en promenades sur le pont. Vos désirs sont des ordres et l’amitié s’enflamme au coucher du soleil. Le bonheur donne faim de choses simples. L’expression primitive d’un produit dépouillé de toute sophistication devient un plaisir ultime.
Faites chauffer de l’eau dans laquelle vous aurez jeté une petite poignée de sel, un filet d’huile d’olive et quelques gousses d’ail entières encore dans leur peau.
Lorsque l’eau arrive à ébullition, plongez-y les pâtes (spaghettis n°5 ou de diamètre plus large si vous trouvez).
Il est important de contrôler la cuisson des pâtes pour obtenir une cuisson parfaite. Et il ne faut surtout pas oublier qu’elles continuent à cuire une fois sorties de l’eau. Personnellement je les apprécie encore un peu croquantes.
Egouttez vos pâtes, placez les dans un plat sans oublier les gousses d’ail, parsemez votre plat de basilic frais, de parmesan en copeaux épais, d’un tour de moulin à poivre et rajoutez un filet d’huile d’olive.
Vos pâtes sont bonnes à êtres dégustées instantanément. On peut écraser les gousses d’ail sur un morceau de pain, c’est simple et délicieux.
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Quelques mots de Colette vite lus, recueillis tout aussitôt :
« J’ai appris autrefois que la cuisine se fait au début avec rien, le feu, le sel, l’instrument divinatoire d’un geste qui jauge la durée d’une cuisson… ».
Colette
J’ai parcouru pendant des heures mes notes culinaires. Je voulais sonner les cloches de la rentrée avec un gigot de sept heures, élaborer une tarte aux mirabelles, faire sauter des girolles au fond d’une vieille poêle, peler des poires et dégoupiller un château neuf du pape parce que ça réchauffe les cœurs. Je n’ai pas pu.
Oisif été a tout emporté…
Je rêve d’un loup péché au trident grillé à même la braise, d’un poulpe tapé sur un rocher, ça le rend plus moelleux, du rosé de cinq heures et de la tartine au beurre salé du matin.
Emportez moi chimères et dites moi qu’un vent d’été flotte encore au dessus de ma tête, délicieux vertige des sens.
La madrague interprétée par Brigitte Bardot
Au cours de mes lectures d’été, j’ai croisé ce poème de chair tiré des Odes Elémentaires de Pablo Neruda. J’ai goûté à l’intensité crue et nue, savouré l’exaspération sensuelle de ces vers rouge sang. Je les relis sans cesse les imaginant rythmés par la voix sombre du poète.
La rue
s’est remplie de tomates
midi,
été,
la lumière
se coupe
en deux
moitiés
de tomate,
dans les rues
le jus
coule.
En décembre
la tomate
se déchaîne,
envahit
les cuisines,
s’introduit dans les repas
s’assied
calmement
sur les buffets,
parmi les verres,
les beurriers,
les salières bleues.
Elle a
une lumière propre,
une majesté bénigne.
Nous devons, par malheur,
l’assassiner :
le couteau
plonge
dans sa pulpe vivante,
c’est un rouge
viscère,
un soleil
frais,
profond,
inépuisable,
elle emplit les salades
du Chili,
elle se marie allégrement
avec le claire oignon
et pour fêter ça
on laisse
tomber l’huile,
fille
essentielle de l’olivier,
sur ses hémisphères entrouverts,
le poivre
ajoute
son encens
le sel son magnétisme :
ce sont les noces
du jour,
le persil
plante
ses banderoles
les patates
bouillent vigoureusement,
le rôti
frappe
de son arôme
à la porte,
c’est le moment,
allons!
Et sur
la table, à la ceinture
de l’été,
la tomate,
astre de terre,
étoile
répétée
et féconde,
nous montre
ses circonvolutions,
ses canaux,
l’insigne plénitude
et l’abondance sans noyau,
sans cuirasse,
sans écailles ni arêtes,
nous livre
le régal
de sa chaleur fougueuse
et la totalité de sa fraîcheur.
Pablo, Neruda. Odes élémentaires, France, Gallimard, 1974
Carré rouge, Kasimir Malevitch, 1915, huile sur toile, 300×299
Classé dans : Mes Editoriaux
Adieu poulardes, chapons, dindes et fois d’oies,
Pintades, truffes, homards et chocolats,
Huîtres, civets, faisans, perdrix et ananas,
Caviar, belons, tourteaux et canards gras,
Ormeaux, girolles, morilles et cédrats,
Époisses, chevreuils, marquises et kumquats,
Porcelets, soufflés, marrons, mangues et baklawa,
Myrtilles pralines, tourteaux, salers et noix,
Marbrés, mousses, confits, chutney et avocats,
Vacherins, maroilles, mesclun, jésus et baudroies,
Cèpes, macarons, oursins et lollo rossa,
Saints pierre, écrevisses, chaources et cobia,
Bris de Meaux, de Melum, de Monteraux et Aragula,
Stollen, rochers, pétoncles et nappa,
Milles feuilles, orangettes, canneberges et chasselas
Quelle effroyable oisiveté s’est emparée de moi que j’en oublie à ce point d’écrire ?
Ces deux vers de Rimbaud me reviennent comme une petite musique lancinante :
« Oisive jeunesse a tout asservi
Par délicatesse j’ai perdu ma vie
… »
Je les ai fait miens sans y prendre garde…
Picasso – le repos-huile sur toile-1932
Classé dans : Mes Editoriaux, Mes idées de recettes, Poisson, vin | Mots-clefs: feuille de vigne, sardine, sushi

S’il est des mariages réussis entre orient et occident, la cuisine moderne en est le parfait exemple.
Bravant l’ignorance et la peur de l’autre dans un monde de plus en plus cloisonné, notre sens gustatif, téméraire et ouvert aux expériences nouvelles, a réussi le pari de l’intégration et de la reconnaissance de toutes les cultures.
J’affectionne particulièrement cette recette au brassage étonnant entre saveurs de Grèce et du Japon, rencontre raffinée de deux civilisations millénaires.

Ingrédients :
Pour une tasse de riz japonais :
1 tasse d’eau froide
2 cuillères de vinaigre de riz
1 cuillère à café de sel
1 cuillère à soupe de sucre
Oignons frais
Graines de sézame
Feuilles de vigne
Filets de sardines
Huile d’olive
Vinaigre de riz
Laver le riz à l’eau froide plusieurs fois et le laisser égoutter.
Dans une casserole, recouvrir le riz d’eau froide.
Laisser cuire à feu doux 15 minutes.
Mélanger le vinaigre, le sel et le sucre jusqu’à dissolution complète du sucre.
Retire le riz du feu et le laisser reposer 10 minutes avec un couvercle pour qu’il finisse de cuire dans sa vapeur.
Remuer à l’aide d’une spatule en bois.
Verser le riz dans un plat sans le tasser. Y verser le mélange de vinaigre et de sucre. Remuer, et couvrir d’un linge humide jusqu’à utilisation.
Lever les filets de sardines, les saler et les laisser mariner une demi heure dans du vinaigre de riz.
Emincer de jeunes oignons frais.
Faire griller des graines de sézame
Egoutter les feuilles de vignes.
Au moment du montage, placer au centre des feuilles de vigne du riz, un filet de sardine une pincée d’oignons émincés et quelques graines de sésame grillées, ajouter quelques gouttes d’huile d’olive et les refermer en rabattant les bords de la feuille vers le centre.
On peut accompagner ce plat d’un verre de Retsina très frais. La sensation d’amertume de ce vin sec et nerveux diminue après la deuxième gorgée.
Melina Mercouri – Ta pedia tou Pirea
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