Classé dans : Mes Editoriaux, Mes voyages, Paris | Mots-clefs: Chaumont sur Loire, forêt de Fontainebleau, pique nique
Le lendemain nous nous arrêtons à Chaumont sur Loire. Décidément, j’aime pas les bords de Loire. Une foule impressionnante arpente encore le route des châteaux et pourtant le soir lorsque nous cherchons un restaurant pour dîner, nous ne trouvons rien en dehors d’une pizzeria rebutante. Pourtant en prolongeant la promenade dans le village, qui devait être de pêcheurs, dans l’enfilade des maisons, le long de l’unique route qui file le long de la rivière nous découvrons un hâvre enchanteur. Nous sommes sauvés.”Les Hortensias bleus”. L’endroit nous semble familier. Un délicieux jardinet fait office de terrasse. Les fées se sont arrêtées ici. La mère grave de très belles estampes et la fille cuisine des tartes toutes droit sorties de son imagination. Les produits sont locaux. La conversation agréable. Nous repartons enchantés avec quelques estampes sous le bras.
Le lendemain il nous faut repartir. Le paysage que nous traversons pour rentrer à Paris est triste et monotone. Heureusement la forêt de Fontainebleau où nous nous arrêtons pour un dernier pique nique se montre fraîche et accueillante. Nous déjeunons, attablés à l’abri des arbres. Quelques randonneurs à cheval rentrent dans notre champ de vision puis disparaissent. La curiosité nous pousse. IL est encore tôt et le chemin du retour n’est plus très long.
Nous partons en promenade. A l’orée du bois, nous découvrons des petits villages en pierre de taille que nous ne connaissions pas, puis plus loin, le majestueux château de Courrances dressé au centre d’un parc parfaitement domestiqué. Puis il nous faut nous résoudre à rentrer. Le temps se couvre.
Comme nous nous approchons je suis frappée par la laideur déprimante des abords de Paris. Le ciel s’obscurcit. A peine nous engouffrons nous sur le périphérique, que nous sommes surpris par une pluie poisseuse qui déchire l’horizon. Cette fois nous y sommes.
Trois jours plus tard, un soir frileux, bravant, le froid et la pluie, notre malle à pique nique arrimée dans le coffre, munis de plaids, de parapluies, de poulet rôti, de fromage crémeux, de vin de Bordeaux et de tarte aux fruits nous partons pique niquer …au bois de Vincennes !

Chaumont sur Loire
Classé dans : Mes Editoriaux, Mes voyages, fruits, légumes | Mots-clefs: bastide, Dordogne, miel, Perigord, Poitiers
Direction ma ville natale, encore en gironde, accolée à la Dordogne.
Ici les vignes ont pris la place de toute autre culture. Ils sont beaux ces champs parfaitement ordonnés aux plans millimétriquement alignés. Je le dis à ma mère. Oui, non, elle s’en passerait bien. Elle les voit tous les jours. Elle, ce qu’elle aime, ce sont les coteaux ensoleillés balayés par le vent. Elle m’emmène les découvrir. Spectacle éblouissant que l’alternance de forêts et de pâturages, parfois des vergers viennent s’interposer, qui courent sur des valons gonflés d’opulence.
Au sommet d’une colline en pente douce se trouve une plage de sable. L’océan, il y a très longtemps y avait déposé ses trésors. Les lapins y ont construit leurs terriers. Je n’en avais jamais vu d’aussi près. C’est beau un lapin sauvage. Cela mérite que l’on prenne le temps de les observer. Sur les bords des fossés des herbes sauvages poussent à foison, du pourpier et des carottes sauvages, si semblable à la mortelle ciguë. Un moulin, posé au sommet d’un champ pelé attire à lui tous les vents. Il se tient droit pourtant. Il se tient fier dirait ma grand-mère.
Les dîners se succèdent, éclairés à la bougie, dans la fraîcheur inhabituelle du jardin, l’été, accompagnés d’un concert de grillons. Des pluies d’étoiles filantes se déversent dans le ciel. On approche du quinze août. Les tomates, que cultive mon père, sont charnues et sucrées. Sa passion potagère nous ravie.
Le marché du samedi se montre prospère en été. J’achète un gros bouquet de fleurs à sécher et quelques branches d’amour en cage. Cela égaiera ma table l’hiver prochain.
Nous nous promenons dans les bastides, dans de tous petits villages perdus de Dordogne qui surplombent la vallée. Je veux toujours m’y arrêter, changer de vie m’y installer. Ce désir me reprend chaque été. L’hiver, j’oublie.
Et puis un jour il nous faut partir. On reprend la route, gorgés de fruits murs et de grillades au romarin. Notre malle à pique nique déborde de légumes du jardin, de miel et de fromages de chèvres. La route sera longue pour rentrer à Paris. On épouse le rythme des départementales et des piques niques en pleins champs. C’est le week end, nous sommes seuls à perte de vue. L’autoroute doit être surchargé. On veut saisir les dernières beautés du paysage jusqu’au dernier moment. Repousser encore un peu le moment où les vacances se terminent. Un soir nous dormons près de Poitiers, je fais la sieste dans le verger de la demeure qui nous accueille. La rentrée n’arrivera jamais.

Bastide de Monpazier-Dordogne
Classé dans : Mes Editoriaux, Mes voyages | Mots-clefs: abeilles, bassin d'Arcachon, huîtres, salicorne
Direction Andernos. Ma tante nous en fait découvrir les beautés sauvages. J’avais oublié la faune préservée du bassin d’Arcachon. L’eau s’est retirée sur un champ de salicorne, j’en cueille un petit brin, il a goût de pétrole. Trop de bateaux. Il faudrait se contenter d’observer la nature sans trop interagir. Mais nous ne sommes pas près, sans nul doute, à renoncer à nos terrains de jeu.
Le bassin s’étrangle, l’eau a du mal à remonter jusqu’à son extrémité, face à laquelle nous dînons, dans une cabane de pêcheur reconvertie en restaurant. Les huîtres du bassin, mes préférées. Et pourtant combien de temps encore pourrais je venir en goûter, comme ce soir paisible, en contemplant les vols de canards sauvages ? Les huîtriers locaux, pressés de mettre la clefs sous la porte, asphyxiés par le très controversé test souris, arrivent peut être au bout de leur colère. Le combat épuise.
Un peu plus dans les terres, ce sont les frelons asiatiques qui font rage. Scène de guerre inhabituelle que celle de ces terribles insectes tueurs qui attrapent les guêpes entre leurs pattes pour les assassiner loin de leur ruche. Elles résistent par le nombre, de toute leur force d’ouvrières habituées à lutter pour leur survie, mais le combat est perdu d’avance, toutes n’y résistent pas. Ci gît une abeille pour cause de négligence humaine.

Salicorne
Classé dans : Mes Editoriaux, Mes voyages, Poisson, confiture, fruits, vin | Mots-clefs: architecture 1950, Cordouan, Demoiselles, Gene Kelly, huîtres, Marennes, Meschers, Rochefort, Royan, vin
La nuit porte conseil, nous irons à Rochefort rencontrer les Demoiselles. Nous rentrons avec les forains dans la ville. Georges Chakiris et Grover Dale n’ont qu’à bien se ternir. Et pourtant la place est déserte, ni Gene Kelly ni les sœurs jumelles ne nous y attendent. Le café pris en terrasse est mauvais, le soleil n’arrive pas à réchauffer les façades grises d’anciens immeubles aujourd’hui vides de toute garnison. Nous ne restons pas. Des effluves océaniques nous attirent plus loin. Un déjeuner improvisé à Marennes s’impose à nous. Huîtres et vin blanc sec. Devant les étendues plates mais sauvages nous partons à pieds à la découverte des parcs à huîtres sans jamais réussir à suivre le bon chemin. Le long du port les bateaux de pêche semblent moulés en suspension dans la vase. Ils attendent le retour de la marée. Ce soir nous dormirons à Meschers. Nous n’arrivons pas à suivre la route qui longe l’océan pour rejoindre l’estuaire, le gps ne fait pas mieux que moi et les huîtres achetées à Marennes pour le dîner du soir n’en peuvent plus de chaleur.
Bon anniversaire Stéphane ! A peine nos huîtres englouties nous allons le célébrer comme il se doit au restaurant de la plage dont la spécialité est une cocotte de moules cuisinées aux croûtons, lardons et crème fraîche, pardon, j’oubliais le persil… Je ferme les yeux sur cette hérésie culinaire, et je penche pour de simples moules marinières.
Les lendemains nous emmènent à découvrir l’architecture de la ville de Royan, merveilleuses promenades au cœur de cette ville presque entièrement détruite au cours de la guerre 39 -45 et reconstruite au cours des années 50 dans un style architectural qui ne cesse de nous étonner et nous séduire. Je vous conseille d’ailleurs à ce propos la lecture de deux ouvrages passionnants sur le sujet, si il vous intéresse :
L’invention d’une ville – Royan années 50 de Gilles Ragot, Thierry Jeanmonod et Nicolas Nogue aux éditions du Centre des Musées Nationaux
Et d’ Antoine-Marie Préaut, le « Guide architectural Royan 50 » aux éditions Bonne Anse,
Si vous en avez l’occasion de vous promener sous la magnifique halle du marché vous découvrirez cette prouesse architecturale, une voûte de béton de 8 cm d’épaisseur où la vue n’est limitée par aucun pilier. Ou que l’on soit situé sous cette immense coupole, le regard englobe l’intégralité de ce qui s’y passe. De magnifiques homards vivants et des crabes fourbus, agglutinés dans leur caisse de polyestiren, voisinent avec les fameux royans (sardines) péchés de la nuit, que l’on peut aromatiser de basilic citronné ou de fenouil sauvage. Les prunes reines-claudes dorées et tavelées se croquent tout naturellement sans penser à en faire une confiture.

Avant de partir un pique nique sur la plage, à mer remontante, face au phare de Cordouan, s’impose. Nous avons oublié la bouteille de vin. Un restaurant de bord de plage accepte de nous en vendre une. Un vin de l’entre deux mer bien venu pour réchauffer cette soirée un peu fraîche pour un mois d’août. On inviterait bien les promeneurs du soir qui nous souhaitent un bon appétit à venir la partager avec nous, mais notre malle ne contient que quatre verres. Dommage. L’année prochaine…
Classé dans : Mes Editoriaux, Mes voyages, fruits, vin, volailles | Mots-clefs: France, pique nique, vin de Bordeaux
Lancés au hasard des routes de France, notre malle à pique nique arrimée dans le coffre de la voiture, une carte routière entre mes mains, le volant, je n’y tiens pas, nous nous imaginons nous laisser guider par la douceur de vivre et le plaisir de naviguer au cœur de paisibles paysages.
Je voulais voir les Pont de Cé, racontés par Aragon, mis en musique par Francis Poulenc. Ce n’est finalement qu’un petit village encerclé par un bras de Loire asséché. Décidément je n’aime pas ces bords de Loire, plats, tellement plats pour une fille venue de terres vallonnées. J’étale une nappe brodée sur une table de hasard. Je m’amuse à la décorer. Je dois avoir beaucoup aimé jouer à la dînette en des temps révolus. Notre première halte fait fi de toute considération diététique. Terrines, charcuteries fines, volaille rôtie, fromages de chèvres, frais, demi sec, moelleux, petits pains à la farine de châtaigne, une pointe de balsamique, panier de fruits accompagné d’un unique verre d’un vin de Bordeaux. Je me dois de rester solidaire avec le conducteur en toute circonstance.
Les routes départementales commencent à s’entourer de forêts et de prairies. Le marais poitevin nous interpelle. Seule la crainte de nous perdre dans les méandres de ses labyrinthes nous autorise à requérir les services d’un batelier… Au demeurant fort sympathique, qui nous renseigne sur la faune en péril. Ici, le ragondin a chassé les familles de loutres, l’écrevisse rouge a remplacé l’écrevisse locale, le héron cendré s’est substitué au héron roux. Les vaches, probablement présentes depuis toujours, paissent pourtant paisiblement sans savoir que les maraîchins laissent mourir le marais faute d’entretien et que les canaux se rebouchent par trop de tourbe.
Le marais est un havre de silence le soir lorsque l’on est la dernière barque à partir. Trouver un endroit où étaler notre nappe brodée s’avère bien compliqué lorsque l’on redevient piéton. Et pourtant, en longeant un bord de Vienne, on fini par découvrir un coin de sous bois. La douceur du soir nous incite à rester dehors. Pris à partie par un ensemble de cors de chasse, nous nous décidons à en écouter le concert. La beauté des grandes chasses royales nous est racontée avec lyrisme et candeur et nos oreilles sont prises d’assaut par la puissance de la meute. Je ne goûte que très peu ce genre musical et la chasse, mais je dois admettre que c’était tout de même très impressionnant.
Jour 1 A peine avons-nous quitté un triste petit matin gris très parisien, le temps d’une escale ensoleillée par delà les nuages, le temps d’un horrible petit sandwich à peine décongelé par les pourtant très affables hôtesses d’air Berlin que nous nous retrouvons bousculés par des bourrasques de pluie et de vent glacé sur le tarmac de l’aéroport de Tegel en plein Berlin. En plein Berlin ? Etrange cette ville aux chaussées larges et vastes. Ici il y a des forêts, ici il n’y a pas d’embouteillages, ici l’on prend le temps de traverser la rue, ici le chauffeur de taxi vous raconte sa ville dans un français parfaitement maîtrisé. Il raconte tout, les guerres, le mur. Le mur c’était il y a vingt ans, je m’en souviens, je veux le voir, je veux comprendre. Courte escale à l’hôtel. Quelques jours à Berlin c’est trop peu pour prendre le temps de flâner dans cette immense bâtisse, ornée de faïence, des années 30. Une curiosité dans le paysage architectural qui nous entoure. Je me promène de rue en rue et pas un immeuble ne se ressemble. C’est que la ville a été détruite en grande partie au cours de la deuxième guerre mondiale. Il a fallu reconstruire rapidement et en nombre des immeubles d’habitation. J’imagine le paysage de désolation qui devait s’offrir aux survivants. Un extrait d « Allemagne année zéro » me revient en mémoire. Ne plus y penser. Mais il n’y a pas moyen, trop d’histoire commune. Elle est là partout inscrite par le vide et l’absence. Les reconstructions n’y changent rien. Assortie d’un guide papier et d’une carte que je déroule et enroule lamentablement sans parvenir à me repérer je m’engouffre au hasard d’une petite cabine de métro jaune. Je me retrouve à flâner dans le winterfeldtmarkt, sorte de marché aux puces où alternent objets hétéroclites et échoppes de bouche. Il est vrai que mon petit déjeuner n’est plus qu’un lointain souvenir. Les currywurst semblent particulièrement prisées. Il s’agit de saucisses baignant dans la sauce tomate et saupoudrée de curry. J’aimerais essayer mais le courage me manque. Plus tard sans doute. Et puis les gaufres ont l’air merveilleuses, cette odeur de pâte chaude tout droit sortie de l’enfance…je ne tente même pas de résister. Ce soir c’est promis je me livrerai à de nouvelles expériences gustatives. Mais en attendant il me reste une ville à découvrir. 
Prenez une mer d’huile, un soleil de plomb, un bateau des plus beaux et quelques amis parmi les plus chers. Voguez tranquillement au fil de vos envies d’île en ile, de baignades en promenades sur le pont. Vos désirs sont des ordres et l’amitié s’enflamme au coucher du soleil. Le bonheur donne faim de choses simples. L’expression primitive d’un produit dépouillé de toute sophistication devient un plaisir ultime.
Faites chauffer de l’eau dans laquelle vous aurez jeté une petite poignée de sel, un filet d’huile d’olive et quelques gousses d’ail entières encore dans leur peau.
Lorsque l’eau arrive à ébullition, plongez-y les pâtes (spaghettis n°5 ou de diamètre plus large si vous trouvez).
Il est important de contrôler la cuisson des pâtes pour obtenir une cuisson parfaite. Et il ne faut surtout pas oublier qu’elles continuent à cuire une fois sorties de l’eau. Personnellement je les apprécie encore un peu croquantes.
Egouttez vos pâtes, placez les dans un plat sans oublier les gousses d’ail, parsemez votre plat de basilic frais, de parmesan en copeaux épais, d’un tour de moulin à poivre et rajoutez un filet d’huile d’olive.
Vos pâtes sont bonnes à êtres dégustées instantanément. On peut écraser les gousses d’ail sur un morceau de pain, c’est simple et délicieux.
Classé dans : Mes Editoriaux, Mes voyages | Mots-clefs: Add new tag, New York
Coney Island
A quelques stations de métro de New York, au bord de l’océan se trouve Coney Island, une station balnéaire coupée du monde et hors du temps.
Sortie de nulle part, cette petite Russie s’étale en bord de mer.La rue principale est recouverte par la voie du métro aérien. Les échoppes aux enseignes inscrites en cyrillique proposent de l’artisanat russe.
Pour arriver à la plage on traverse un parc d’attraction semblant surgir des années cinquante.
Le train fantôme reste le plus vieux au monde, la grande roue date des années vingt. Certains osent s’y aventurer, j’aime mieux les observer.

Ici un homme harangue la foule pour venir voir des personnages dignes de Freeks. Une femme à barbe, des nains difformes…
A quelques pas une autre institution se dresse où la foule se presse. Nathan’s. On peut lire sur la devanture que cette maison du hot dog existe depuis 1916.
Quelques touristes assis devant des tables en bois, à côté du restaurant dévorent rapidement un hot dog graisseux. Derrière eux un drapeau américain géant, sur lequel est écrit en anglais cette fois, « Home of the international Hot Dog eating contest » flotte au vent.

A la terrasse des cafés en front de mer, les serveurs sont grands et blonds. De vielles élégantes au port altier viennent déjeuner seules ou accompagnées d’un petit chien, revêtues de leurs bijoux qui ne les ont plus quittés depuis leur départ d’Europe. De grandes jeunes filles parées de leur blondeur de l’est passent tout près en maillot de bain sur la promenade en front de plage.
Je m’assoie à la terrasse du café Tatiana, sans grand appétit mais avec un brin de curiosité romantique.
A ma grande surprise le plat le plus demandé à midi en pleine chaleur est le borsch.
Il a l’air délicieux mais je préfère commander un filet de sole avec une salade. La cuisine est rustique mais bonne.
Plus loin d’innombrables boutiques de sucreries étalent aux yeux du promeneur d’étranges friandises. Outre les barbes à papa bleues, vertes et violettes, on trouve des brochettes de bananes et de fraises trempées dans du chocolat fondu. Des pommes d’amour recouvertes de poudre de noix de pécan, des pots de glaces aux couleurs pastel.
Partout dans cette ville le temps semble s’être arrêté. Je m’attends à voir arriver un défilé de majorettes sanglées dans des costumes pailletés et pourquoi pas quelques vétérans de la deuxième guerre mondiale…
On m’avait vanté les mérites d’une station balnéaire agréable et me voici au coeur d’un vaste reliquaire, une casse du rêve américain.
Un brin de nostalgie m’étreint malgré moi.
Mais que peut on bien vouloir venir chercher ici ?
J’ai subitement envie de m’enfuir de cet endroit, de retrouver la fureur de New York, du New York d’aujourd’hui bien vivant lui et de me perdre dans la foule des gens pressés…
Classé dans : Mes Editoriaux, Mes voyages | Mots-clefs: audrey hepburn, food, gourmand, New York, pizza, voyage
Jour 2
Aujourd’hui mes pas me guident du côté de la somptueuse New York public library sur la 5ème avenue.
Je me souviens de cette fameuse scène du film Breakfast at Tiffanies, où Audrey Hepburn, parée d’une épaisse paire de lunettes noires, en montait les marches dans un élégant tailleur gris.
L’entrée n’a pas bougée, pas plus que les immenses salles de lecture, boisées de part en part et les longs couloirs de marbre blanc.
L’endroit est immense, la visite est longue et passionnante. Pas un livre que l’on ne puisse trouver.
En sortant de la bibliothèque, l’odeur de nourriture me saisie et la faim ne tarde pas à me tourmenter.
Jour et nuit la ville respire les odeurs de nourriture. Partout les restaurant s’alignent. Les vendeurs de hot dog, de fruits coupés et de bagels ont installés leurs cuisines ambulantes à chaque coin de rue.
L’envie de manger peut survenir à toute heure. Que vous ayez envie de pizza, hot dog, hamburger, falafel, vous n’avez pas besoin de marcher plus de 100 mètres pour trouver de quoi vous sustenter.
Je comprends qu’ici il n’y a pas de place pour la frustration. Pas de temps pour le désir. Dans l’agitation forcenée de cette immense fourmilière, il faut faire vite. Vite pour aller travailler, vite pour aller manger, vite pour aller faire du sport, vite pour sortir le soir dans les meilleurs endroits.
Vite je dévore une part de pizza. Elle me laisse un goût d’insatisfaction; la pâte est épaisse, la sauce tomate trop sucrée et la couche de fromage fondu écoeurante. Une pizza pour grand enfant, ce que je suis en ce moment. Il y a tant de choses à voir que je ne sais plus où donner de la tête…

« Il y avait Babylone et Ninive. Elles étaient construites en briques. Athènes était toute de colonnes de marbre et d’or. Rome reposait sur de grandes voûtes en moellons. A Constantinople, les minarets flambent comme de grands cierges tout autour de la corne d’or… Oh ! Encore une rivière à traverser. L’acier, le verre, la brique, le béton seront les matériaux des grattes ciel. Entassés dans l’île étroite, les édifices aux milles fenêtres se dresseront, étincelants, pyramides sur pyramides, sommets de nuages blancs au dessus des orages. »
John Dos Passos Manhattan Transfer
Jour 1
En route pour rejoindre Manhattan au cœur de la nuit depuis l’aéroport JFK à bord d’un taxi jaune au cuir élimé…
On traverse Brooklyn, et ses quartiers d’immeubles de briques bas, surmontés d’enseignes publicitaires illuminées de néons multicolores. La route est défoncée, nid de poule après nid de poule, plaques en fer arrachées. Le bitume est usé à l’extrême. La voiture à chaque cahot, nous envoie cogner contre les fenêtres.
On traverse le pont de Brooklyn, la nuit, c’est extraordinaire. Un saisissement me prend, Wall Street apparaît soudain éclairé par des milliers de lumières. Des tours immenses, dressées dans le ciel, de verre et de lumière, se profilent à la pointe de l’île de Manhattan. Plus on se rapproche plus le vertige me prend. En levant les yeux vers le sommet de ces monstres d’acier et de verre, le sol semble se dérober sous mon corps.
J’ouvre la fenêtre du taxi pour recueillir les impressions nocturnes de la ville ensommeillée.
Des senteurs de poubelles en décomposition mêlées à des relents de nourritures, s’engouffrent dans la voiture et me prennent à la gorge. Pas de doute, je suis bien à New York !
Pour le voyageur venu de la vielle Europe que je suis, habituée aux murs trop épais, et aux villes figées dans leur splendeur d’un passé trop glorieux, en voie irrémédiable de muséification, la frénésie soudaine de Manhattan, livrée jour et nuit aux activités laborieuses d’une humanité en voie d’explosion est un spectacle.
Le premier soir, épuisée de ne pas avoir dormi depuis près de 24heures, je m’effondre dans un profond sommeil, sans avoir eu le courage de fouler le bitume fatigué de mes pas.
Dès le lendemain matin, mue par un appétit de loup, me voilà en train de chercher frénétiquement le meilleur endroit où bruncher le plus près possible de Greenwich village, où je loge le temps de mon voyage. Je traverse Soho. Des nuages de fumée, sortis des bouches d’égout, embrument les rues sombres, bordées d’immeubles noirs, flanqués d’escaliers de métal. Pleine de ressources et admirablement conseillée, me voilà partie pour le très branché « café gitane » à Nolita.
Confortablement installée dans le creux d’une banquette profonde je peux observer ce qu’il se passe autour de moi tout en attendant mon assiette d’œufs au four au saumon et au bacon.
La nourriture d’apparence rustique est bonne et me fait oublier la fadeur du plateau repas absorbé rapidement dans l’avion pendant la nuit. Le café qu’on me sert est italien. Le cadre vintage est surprenant. On pourrait se croire indifféremment dans le Paris ou la Barcelone dans les années 60. Les clients, branchés mais discrets, font figure d’habitués. Par la porte, les immeubles de briques rouges parfaitement alignés me rappellent où je suis.
Je ferme les yeux, la rumeur impressionnante de la ville me fait tourner la tête.
Oublié le décalage horaire, je sors de ma torpeur. New York m’appartient, chaussée de mes baskets, je me lance à la conquête de la ville.
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