La petite cuisine d'Ethel


Souvenir d’une Côte à l’os au feu de bois en toute amitié
18 avril 2007, 07:20
Filed under: Mes Editoriaux

A l’occasion du week-end de Pâques, David et Pauline nous ont proposé de partir dans leur maison de campagne située quelque part à la porte du Perche.
Le soleil était au rendez vous et le bitume filait à toute vitesse dans le sillage de la Spider décapotée de David que nous avions du mal à suivre.
La première étape a consisté à acheter la fameuse côte de boeuf à l’os dont David nous avait venté les alléchants mérites.
A peine arrivés à la maison de campagne, nous avons rassasiés nos appétits de loups affamés autour d’un brunch gargantuesque composé d’œufs, achetés à la ferme voisine, brouillés au lard, de terrine de canard au fois gras, de pâté de lapin, d’une salade de légumes grillés accompagnée de coppa et de parmesan, d’un plateau de fromage et des viennoiseries de madame Tampion, ma boulangère.
L’après midi a bercé notre torpeur, affalés sur des chaises longues sous les arbres du jardin.
Je crois bien que les garçons ont disputé une partie de tennis mais à demi assoupie, aimablement caressée par les rayons du soleil, j’ai oublié de m’intéresser à ce qui se passait autour de moi.
Le soir venu, David a fait flamber un bon feu dans la cheminée.
En attendant la braise on s’est rassemblé autour de l’âtre en sirotant un verre de Saint Julien parfaitement chambré en écoutant distraitement de la musique.
On a enduit l’épaisse côte à l’os de gros sel et elle n’a pas tardé à crépiter sur la braise et à nous faire délicieusement saliver. David a laissé cuire sous la cendre des pommes de terre. La viande était tendre et fondante. Un plaisir primitif et coupable m’a saisie en dévorant cette chair à peine grillée, encore rose de sang. Tant pis pour cette fois, je deviendrais végétarienne c’est certain, mais plus tard.
On a accompagné la viande des pommes de terres noircies, ridées, encore congestionnées de saveurs sur lesquelles on a laissé fondre du beurre salé. Le château Margot 1993 nous a accompagné tard dans la soirée, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de bois pour alimenter le feu.
Seules les cloches sonnant à toute volée sont parvenues à me tirer de mes rêves, tard le lendemain matin. Cela faisait bien longtemps qu’elles n’étaient pas passées pour moi. La cueillette des œufs en chocolat a été fructueuse et le week end s’est terminé comme il avait commencé, gourmand, avant de reprendre la route en sens inverse dans le sillage de nos amis.

 

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Tapas printanier ou comment j’ai décidé de faire peau neuve
5 avril 2007, 08:09
Filed under: légumes, Mes Editoriaux, Mes idées de recettes, Poisson

Depuis un mois, je n’ai plus écrit, plus cuisiné.
Oubliées la fantaisie, l’amusement, la gaieté, les délices des sens.
Plus rien à dire, rien a raconter, rien à partager.
La grippe m’a fait perdre le goût des nourritures et a drapé mon moral d’un halo de découragement dont j’ai mis du temps à me départir.
La porte de ma cuisine est restée fermée. Ma table s’est vue privée de convives.

Mais avril m’a ouvert les bras et m’a obligé à faire peau neuve.
Mes amis, inquiets de ne plus avoir de mes nouvelles, sont venus frapper à ma porte et il a bien fallu improviser.
En revenant au marché pour la première fois dimanche, tout m’a semblé transformé.
Les petits rougets tendrement colorés de la méditerranée, les bouquets d’artichauts poivrade, les bottes de cresson frais enroulées dans du papier fin, les premières asperges encore juteuses, en simple appareil offertes au regard.

J’ai ouvert en rentrant chez moi une bouteille de champagne et l’envie de cuisiner est revenue sans tarder.
Je me suis amusée à confectionner un assortiment frugal de petits tapas printaniers pour contenter les appétits en attendant l’heure du déjeuner.

Nem de rouget au basilic, émulsion au basilic
Tartine d’anchois marinés
Emincé d’artichauts poivrade, copeaux de parmesan

Recettes:

Nems de rougets, émulsion au basilic.
Lever les filets de petits rougets très frais. Les laisser mariner dans un jus de citron une bonne heure.
Passer les feuilles de riz sous l’eau froide jusqu’à ce qu’elles ramollissent un peu.
Poser une feuille de riz à plat sur le plan de travail, la badigeonner d’huile d’olive.
Poser en son centre un filet de rouget enveloppé d’une feuille de basilic, saler poivrer.
Rouler la feuille de riz et bien refermer les bords.
Faire frire dans une l’huile très chaude.

Pour réaliser l’émulsion, broyer au pilon dans un mortier des feuilles de basilic fraîches. Ajouter un peu d’huile d’olive, de sel et de poivre.
Y ajouter un peu de crème fleurette et fouetter.
Placer l’émulsion dans un petit récipient pour y tremper le nem de rouget.

Tartine d’anchois marinés.
Réaliser la recette d’anchois marinés dont j’ai publié la recette précédemment.
Faire griller de fines tranches de pain aux noix, aux figues ou de seigle et recouvrir généreusement de filets d’anchois sans trop en égoutter l’huile.

Emincé d’artichaut poivrade au parmesan
Retirer les feuilles les plus dures des artichauts, couper la partie supérieure des feuilles.
Emincer les artichauts en tranches très fines. Les recouvrir de jus de citron pressé et les laisser mariner quelques heures.
Au moment du service, les arroser d’huile d’olive. Saler, poivrer et râper une pluie de copeaux de parmesan.

Disposer les tapas bien séparés sur une assiette de service.

Agréablement installée sur une chaise longue en plein soleil de midi, je les ai accompagnés de ce qu’il restait de ma bouteille de champagne que j’ai quand même dû partager avec mes intimes avant de repartir en cuisine préparer le déjeuner.

J’ai voulu réaliser un émincé de pomme rates aux pétales de bar et à l’huile de truffe.
Horreur ! Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je me suis aperçue que Musette ma diablesse de chatte s’était enfuie en emportant le poisson. J’ai retrouvé ma grande voleuse, bien plus tard, repue, confortablement installée au milieu de mes fleurs qu’elle venait de piétiner sans vergogne. J’ai bien essayé de rouler de gros yeux mais très vite le rire l’a emporté. Son insouciance m’a désarmée. Je crois même l’avoir enviée un instant.
Du poisson je n’ai pas même retrouvé une arrête.

 

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