La petite cuisine d'Ethel


Carnet de voyage gourmand – Impressions New Yorkaises
25 septembre 2007, 14:02
Filed under: Mes Editoriaux, Mes voyages | Mots-clefs: , , , , ,

Jour 2

Aujourd’hui mes pas me guident du côté de la somptueuse New York public library sur la 5ème avenue.
Je me souviens de cette fameuse scène du film Breakfast at Tiffanies, où Audrey Hepburn, parée d’une épaisse paire de lunettes noires, en montait les marches dans un élégant tailleur gris.
L’entrée n’a pas bougée, pas plus que les immenses salles de lecture, boisées de part en part et les longs couloirs de marbre blanc.
L’endroit est immense, la visite est longue et passionnante. Pas un livre que l’on ne puisse trouver.
En sortant de la bibliothèque, l’odeur de nourriture me saisie et la faim ne tarde pas à me tourmenter.
Jour et nuit la ville respire les odeurs de nourriture. Partout les restaurant s’alignent. Les vendeurs de hot dog, de fruits coupés et de bagels ont installés leurs cuisines ambulantes à chaque coin de rue.
L’envie de manger peut survenir à toute heure. Que vous ayez envie de pizza, hot dog, hamburger, falafel, vous n’avez pas besoin de marcher plus de 100 mètres pour trouver de quoi vous sustenter.
Je comprends qu’ici il n’y a pas de place pour la frustration. Pas de temps pour le désir. Dans l’agitation forcenée de cette immense fourmilière, il faut faire vite. Vite pour aller travailler, vite pour aller manger, vite pour aller faire du sport, vite pour sortir le soir dans les meilleurs endroits.
Vite je dévore une part de pizza. Elle me laisse un goût d’insatisfaction; la pâte est épaisse, la sauce tomate trop sucrée et la couche de fromage fondu écoeurante. Une pizza pour grand enfant, ce que je suis en ce moment. Il y a tant de choses à voir que je ne sais plus où donner de la tête…

 

audrey hepburn

Publicités


Carnet de voyage gourmand-Impressions New Yorkaises
22 septembre 2007, 14:07
Filed under: Mes Editoriaux, Mes voyages

« Il y avait Babylone et Ninive. Elles étaient construites en briques. Athènes était toute de colonnes de marbre et d’or. Rome reposait sur de grandes voûtes en moellons. A Constantinople, les minarets flambent comme de grands cierges tout autour de la corne d’or… Oh ! Encore une rivière à traverser. L’acier, le verre, la brique, le béton seront les matériaux des grattes ciel. Entassés dans l’île étroite, les édifices aux milles fenêtres se dresseront, étincelants, pyramides sur pyramides, sommets de nuages blancs au dessus des orages. »
John Dos Passos Manhattan Transfer

Jour 1

En route pour rejoindre Manhattan au cœur de la nuit depuis l’aéroport JFK à bord d’un taxi jaune au cuir élimé…
On traverse Brooklyn, et ses quartiers d’immeubles de briques bas, surmontés d’enseignes publicitaires illuminées de néons multicolores. La route est défoncée, nid de poule après nid de poule, plaques en fer arrachées. Le bitume est usé à l’extrême. La voiture à chaque cahot, nous envoie cogner contre les fenêtres.
On traverse le pont de Brooklyn, la nuit, c’est extraordinaire. Un saisissement me prend, Wall Street apparaît soudain éclairé par des milliers de lumières. Des tours immenses, dressées dans le ciel, de verre et de lumière, se profilent à la pointe de l’île de Manhattan. Plus on se rapproche plus le vertige me prend. En levant les yeux vers le sommet de ces monstres d’acier et de verre, le sol semble se dérober sous mon corps.
J’ouvre la fenêtre du taxi pour recueillir les impressions nocturnes de la ville ensommeillée.
Des senteurs de poubelles en décomposition mêlées à des relents de nourritures, s’engouffrent dans la voiture et me prennent à la gorge. Pas de doute, je suis bien à New York !
Pour le voyageur venu de la vielle Europe que je suis, habituée aux murs trop épais, et aux villes figées dans leur splendeur d’un passé trop glorieux, en voie irrémédiable de muséification, la frénésie soudaine de Manhattan, livrée jour et nuit aux activités laborieuses d’une humanité en voie d’explosion est un spectacle.
Le premier soir, épuisée de ne pas avoir dormi depuis près de 24heures, je m’effondre dans un profond sommeil, sans avoir eu le courage de fouler le bitume fatigué de mes pas.
Dès le lendemain matin, mue par un appétit de loup, me voilà en train de chercher frénétiquement le meilleur endroit où bruncher le plus près possible de Greenwich village, où je loge le temps de mon voyage. Je traverse Soho. Des nuages de fumée, sortis des bouches d’égout, embrument les rues sombres, bordées d’immeubles noirs, flanqués d’escaliers de métal. Pleine de ressources et admirablement conseillée, me voilà partie pour le très branché « café gitane » à Nolita.
Confortablement installée dans le creux d’une banquette profonde je peux observer ce qu’il se passe autour de moi tout en attendant mon assiette d’œufs au four au saumon et au bacon.
La nourriture d’apparence rustique est bonne et me fait oublier la fadeur du plateau repas absorbé rapidement dans l’avion pendant la nuit. Le café qu’on me sert est italien. Le cadre vintage est surprenant. On pourrait se croire indifféremment dans le Paris ou la Barcelone dans les années 60. Les clients, branchés mais discrets, font figure d’habitués. Par la porte, les immeubles de briques rouges parfaitement alignés me rappellent où je suis.
Je ferme les yeux, la rumeur impressionnante de la ville me fait tourner la tête.
Oublié le décalage horaire, je sors de ma torpeur. New York m’appartient, chaussée de mes baskets, je me lance à la conquête de la ville.

 

New York

 



Tartare d’algues fraîches
20 septembre 2007, 14:11
Filed under: Mes Editoriaux, Mes idées de recettes, vin | Mots-clefs: , , , , ,

Avec l’arrivée de septembre un brin de nostalgie me saisit. Les vacances se terminent que l’on aurait bien voulu prolonger encore un peu. Les jours raccourcissent sensiblement et un frisson d’air frais court le long de la peau encore un peu dévoilée, oh à peine!
Le parisien redevient actif. Fini l’indolence de l’été, et les terrasses de café prises d’assaut par les touristes épuisés par leurs courses folles.
Septembre c’est aussi le temps des figues, du raisin et des noix sur nos tables.
Quelque part, bien loin de l’agitation citadine, c’est aussi le temps des vendanges. Le raisin, les figues et les noix remplacent pêches et melons dans nos assiettes. C’est que l’automne pointe le bout de son nez.
Disparus l’odeur des embruns et le goût du sel sur les lèvres brûlées par le vent du bord de mer. Pourtant c’était hier.
La cuisine d’automne attendra encore un peu. J’ai décidé de mettre au point un tartare d’algues, un bout de mer dans mon assiette, simple et rustique, doux et fort, le goût de la vague qui nous renverse quand on a oublié de fermer les yeux, la bouche et le nez avant de se laisser emporter plus au large.

Pour réaliser cette recette il faut se procurer des algues fraîches de type Wakame, laitue de mer et Dulse. On en trouve au rayon frais des magasins biologiques. Elles sont conservées dans du gros sel.
Il faut commencer par les dessaler en les laissant tremper cinq minutes dans de l’eau froide et les faire dégorger en les pressant délicatement entre ses doigts, sans les écraser.
Je les hache ensuite finement et les assaisonne du jus d’un citron, d’huile d’olive et d’un peu d’huile de noix.
J’y ajoute, du poivre long de java, des échalotes finement émincées, quelques câpres et la pulpe d’une tomate.
Ce tartare se déguste très frais. On peut l’accompagner d’un verre de chablis et de quelques huîtres. A moins qu’une envie irrésistible de champagne vous saisisse, mais c’est encore une autre histoire…

 

Algues