La petite cuisine d'Ethel


Le désarroi de la cuisinière
17 juin 2008, 14:27
Filed under: Mes Editoriaux

Adieu poulardes, chapons, dindes et fois d’oies,

Pintades, truffes, homards et chocolats,

Huîtres, civets, faisans, perdrix et ananas,

Caviar, belons, tourteaux et canards gras,

Ormeaux, girolles, morilles et cédrats,

Époisses, chevreuils, marquises et kumquats,

Porcelets, soufflés, marrons, mangues et baklawa,

Myrtilles pralines, tourteaux, salers et noix,

Marbrés, mousses, confits, chutney et avocats,

Vacherins, maroilles, mesclun, jésus et baudroies,

Cèpes, macarons, oursins et lollo rossa,

Saints pierre, écrevisses, chaources et cobia,

Bris de Meaux, de Melum, de Monteraux et Aragula,

Stollen, rochers, pétoncles et nappa,

Milles feuilles, orangettes, canneberges et chasselas

Quelle effroyable oisiveté s’est emparée de moi que j’en oublie à ce point d’écrire ?

Ces deux vers de Rimbaud me reviennent comme une petite musique lancinante :

« Oisive jeunesse a tout asservi

Par délicatesse j’ai perdu ma vie

… »

Je les ai fait miens sans y prendre garde…

Picasso – le repos-huile sur toile-1932

Publicités

6 commentaires so far
Laisser un commentaire

j’aimerais bien entendre ce poème chanté sur une musique de Poulenc…
Merci pour ton retour sur la blogosphère!

Commentaire par Le Poulet

Il n’y a pas l’ombre d’une feuille de papier à cigarette que nous sommes enchantés de ta gracieuse paresse comme de ton activité blogueuse, cuisinière et poétrice.
Hermance

Commentaire par Hermance

« L’oisiveté est la mère de tous les vices, mais le vice est le père de tous les arts. »(Alfred Capus)…
Ma chère Ethel, malgré votre absence, vous restez une artiste…

Commentaire par david empereur mandchou

Lire Le Monde, livré par un délicat éphèbe grec aux yeux couleur mer des cyclades, attablé avec une douce praline et un capuccino, et attendre ta nouvelle recette, fébrile et curieux. 7 minutes.

Commentaire par david roi des belges

Le monde est méchant, ma petite :
Avec son sourire moqueur
Il dit qu’à ton côté palpite
Une montre en place de coeur.

– Pourtant ton sein ému s’élève
Et s’abaisse comme la mer,
Aux bouillonnements de la sève
Circulant sous ta jeune chair.

Le monde est méchant, ma petite :
Il dit que tes yeux vifs sont morts
Et se meuvent dans leur orbite
A temps égaux et par ressorts.

– Pourtant une larme irisée
Tremble à tes cils, mouvant rideau,
Comme une perle de rosée
Qui n’est pas prise au verre d’eau.

Le monde est méchant, ma petite :
Il dit que tu n’as pas d’esprit,
Et que les vers qu’on te récite
Sont pour toi comme du sanscrit.

– Pourtant, sur ta bouche vermeille,
Fleur s’ouvrant et se refermant,
Le rire, intelligente abeille,
Se pose à chaque trait charmant.

C’est que tu m’aimes, ma petite,
Et que tu hais tous ces gens-là.
Quitte-moi ; – comme ils diront vite :
Quel coeur et quel esprit elle a !

Commentaire par Theophile Gauthier

jE suis amoureuse de ce tableau !

Commentaire par Helen




Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s



%d blogueurs aiment cette page :