La petite cuisine d'Ethel


Piques niques d’août, de Chaumont sur Loire en forêt de Fontainebleau
10 septembre 2009, 07:46
Filed under: Mes Editoriaux, Mes voyages, Paris | Mots-clés: , ,

Le lendemain nous nous arrêtons à Chaumont sur Loire. Décidément, j’aime pas les bords de Loire. Une foule impressionnante arpente encore le route des châteaux et pourtant  le soir lorsque nous cherchons un restaurant pour dîner, nous ne trouvons rien en dehors d’une pizzeria rebutante. Pourtant en prolongeant la promenade dans le village, qui devait être de pêcheurs, dans l’enfilade des maisons, le long de l’unique route qui file le long de la rivière nous découvrons un hâvre enchanteur. Nous sommes sauvés. »Les Hortensias bleus ». L’endroit nous semble familier. Un délicieux jardinet fait office de terrasse. Les fées se sont arrêtées ici. La mère grave de très belles estampes et la fille cuisine des tartes toutes droit sorties de son imagination. Les produits sont locaux. La conversation agréable. Nous repartons enchantés avec quelques estampes sous le bras.

Le lendemain il nous faut repartir. Le paysage que nous traversons pour rentrer à Paris est triste et monotone. Heureusement la forêt de Fontainebleau où nous nous arrêtons pour un dernier pique nique se montre fraîche et accueillante. Nous déjeunons, attablés à l’abri des arbres. Quelques randonneurs à cheval rentrent dans notre champ de vision puis disparaissent. La curiosité nous pousse. IL est encore tôt et le chemin du retour n’est plus très long.

Nous partons en promenade. A l’orée du bois, nous découvrons des petits villages en pierre de taille que nous ne connaissions pas, puis plus loin, le majestueux château de Courrances  dressé au centre d’un parc parfaitement domestiqué. Puis il nous faut nous résoudre à rentrer. Le temps se couvre.

Comme nous nous approchons je suis frappée par la laideur déprimante des abords de Paris. Le ciel s’obscurcit. A peine nous engouffrons nous sur le périphérique, que nous sommes surpris par une pluie poisseuse qui déchire l’horizon. Cette fois nous y sommes.

Trois jours plus tard, un soir frileux, bravant, le froid et la pluie, notre malle à pique nique arrimée dans le coffre, munis de plaids, de parapluies, de poulet rôti, de fromage crémeux, de vin de Bordeaux et de tarte aux fruits nous partons pique niquer …au bois de Vincennes !

 

Chaumont sur Loire

Chaumont sur Loire

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Piques niques d’août, des bords de Loire au Marais Poitevin
4 septembre 2009, 21:06
Filed under: fruits, Mes Editoriaux, Mes voyages, vin, volailles | Mots-clés: , ,

Lancés au hasard des routes de France, notre malle à pique nique arrimée dans le coffre de la voiture, une carte routière entre mes mains, le volant, je n’y tiens pas, nous nous imaginons nous laisser guider par la douceur de vivre et le plaisir de naviguer au cœur de paisibles paysages.

Je voulais voir les Pont de Cé, racontés par Aragon, mis en musique par Francis Poulenc. Ce n’est finalement qu’un petit village encerclé par un bras de Loire asséché. Décidément je n’aime pas ces bords de Loire, plats, tellement plats pour une fille venue de terres vallonnées. J’étale une nappe brodée sur une table de hasard. Je m’amuse à la décorer. Je dois avoir beaucoup aimé jouer à la dînette en des temps révolus. Notre première halte fait fi de toute considération diététique. Terrines, charcuteries fines, volaille rôtie, fromages de chèvres, frais, demi sec, moelleux, petits pains à la farine de châtaigne, une pointe de balsamique,  panier de fruits accompagné d’un unique verre d’un vin de Bordeaux. Je me dois de rester solidaire avec le conducteur en toute circonstance.

Les routes départementales commencent à s’entourer de forêts et de prairies. Le marais poitevin nous interpelle. Seule la crainte de nous perdre dans les méandres de ses labyrinthes nous autorise à requérir les services d’un batelier… Au demeurant fort sympathique, qui nous renseigne sur la faune en péril. Ici, le ragondin a chassé les familles de loutres, l’écrevisse rouge a remplacé l’écrevisse locale, le héron cendré s’est substitué au héron roux. Les vaches, probablement présentes depuis toujours, paissent pourtant paisiblement sans savoir que les maraîchins laissent mourir le marais faute d’entretien et que les canaux se rebouchent par trop de tourbe.

Le marais est un havre de silence le soir lorsque l’on est la dernière barque à partir. Trouver un endroit où étaler notre nappe brodée s’avère bien compliqué lorsque l’on redevient piéton. Et pourtant, en longeant un bord de Vienne, on fini par découvrir un coin de sous bois. La douceur du soir nous incite à rester dehors. Pris à partie par un ensemble de cors de chasse, nous nous décidons à en écouter le concert. La beauté des grandes chasses royales nous est racontée avec lyrisme et candeur et nos oreilles sont prises d’assaut par la puissance de la meute. Je ne goûte que très peu ce genre musical et la chasse, mais je dois admettre que c’était tout de même très impressionnant.